journal du chantier
 
     
Un aperçu des travaux effectués
lors du dernier semestre

Aménagement provisoire de la collégiale dans la partie ouest

  • Déplacement de l’orgue St Martin
  • Modification de l’aménagement mobilier
  • Installation d’une paroi provisoire de séparation
  • Installation d’un panneau d’information

Démontage de l’orgue Walcker

  • Montage d’un échafaudage devant le petit buffet de positif
  • Démontage de l’orgue et de son buffet
  • Conditionnement des tuyaux en distinguant la tuyauterie originelle de Walcker et les ajouts récents
  • Démontage des garde-corps de la tribune.
  • Nettoyage du buffet
  • Transport aux ateliers Quoirin des éléments suivants : le buffet, les deux sommiers du GO, les deux sommiers du Récit, les deux sommiers de la Pédale, l’immense réservoir, la boîte expressive du Récit ainsi que toutes les pièces mécaniques encore existantes.
  • Le reste du matériel (boîtes électriques, console, buffet du positif, sommiers complémentaires,
    sommier du positif, tuyaux de bois non originaux, porte-vent) a été laissé sur place.

Démontage du sol

  • Dépose soigneuse du carrelage existant datant de Léo Châtelain
  • Suppression des parties de plancher en bois
  • Démolition de la chape

Fouilles archéologiques

Entre les mois de juillet et d’octobre 2017, le sol moderne de la partie orientale de la collégiale a été enlevé, révélant les couches archéologiques, les maçonneries et les sépultures du Moyen Age. Les investigations entreprises à cette occasion, qui incluaient une vingtaine d’étudiants en archéologie des universités de Neuchâtel et de Lausanne sous la direction de l’Office du patrimoine et de l’archéologie du canton de Neuchâtel (OPAN), se sont révélées riches d’informations nouvelles.

Neuchâtel, ville millénaire, n’a paradoxalement révélé que peu de vestiges archéologiques attribuables au Novum Castellum de l’an Mil. Les investigations ont peut-être permis de remplir partiellement cette lacune puisque il a été possible d’identifier une nécropole et des murs ayant visiblement précédé la construction de la collégiale dans la seconde moitié du 12e siècle. L’étude en laboratoire à venir de ces restes devrait nous en dire plus.

Complétant et renouvelant les conclusions de l’étude détaillée des élévations conduite lors de la restauration de l’extérieur du bâtiment, l’analyse des fondations de l’église a permis, chose rare, d’appréhender en détail l’organisation du chantier médiéval. On constate ainsi que les constructeurs d’alors hésitent, renoncent et modifient leurs projets en cours de chantier, alors que les contraintes et interruptions saisonnières semblent conditionner largement la progression des travaux. Les défis techniques que constitue par exemple un sous-sol sableux ou la décision de voûter une église qui ne devait pas l’être sont à l’origine de solutions architecturales qui nous révèlent la manière dont les constructeurs médiévaux appréhendaient les forces à l’oeuvre dans un bâtiment de grande taille.

La collégiale, comme toutes les églises médiévales, a eu une importante fonction funéraire. En l’état, l’étude des sépultures, qui doit se poursuivre en laboratoire, et de leurs aménagements permettrait d’attribuer plusieurs d’entre elles aux chanoines de la fin du 15e siècle et du début du 16e siècle. Certaines contenaient des vestiges de textiles et de cuirs, qui offrent pour la première fois l’opportunité d’étudier l’aspect et les techniques mises en œuvre dans les vêtements de la région à la fin du Moyen Age. De manière générale l’étude de l’ensemble des sépultures devrait aussi nous renseigner sur la composition et l’état de santé de la population neuchâteloise au Moyen Age, mais aussi sur ses usages funéraires, ses habitudes alimentaires, etc.

Au pied du monument des comtes de Neuchâtel, les investigations ont révélé l’existence d’un caveau
funéraire longtemps utilisé et plusieurs fois réaménagé. Là aussi des études complémentaires sont
nécessaires, mais il est fort probable que plusieurs des individus découverts dans le caveau correspondent aux membres de la famille comtale représentés sur le monument. La possibilité d’étudier
anthropologiquement des individus bien identifiés et présentant des liens de famille avérés, constituerait une heureuse exception pour cette époque.

A l’évidence, les investigations conduites dans le sous-sol de la collégiale se sont avérées très positives, en terme de nouvelles connaissances évidemment, mais aussi en terme de mise en œuvre des compétences techniques et scientifiques à disposition dans la région ou de formation.